UN VILLAGE DANS L’HISTOIRE

EVOLUTION DE LA POPULATION ROQUEFORTOISE

 AUX XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles.

 

Au XVIème siècle

En 1538, des prud’hommes se rendent à Roquefort dans le but d’établir une liste des possessions bâties dans le cadre de la recherche du diocèse de Narbonne

Ce document a été étudié par Bernard Péricon en 2007.

Voici donc la liste des vingt chefs de famille propriétaires à Roquefort des Corbières en 1538.

Certains de ces chefs de famille peuvent habiter des villages voisins tout en ayant des possessions à Roquefort.

Bien sûr, il devait y avoir d’autres familles dans le village mais n’étant pas propriétaires, ils n’étaient pas imposés et donc nous n’avons pas leurs noms.

Allaric Johan
Mestre Assemar Peyre
Benesset Glaudo
Benesset Johan
Benesset Gylem
Mestre Benesset Johan
Brynguye Johan
Capdevilla Peyre
Caussa Bertran
Caussa Johan
De Casseras Johan
Garygua Peyre
Maury Gautié
Reynaut Johan
Reynaut Anthoni
Reynaut Peyre
Monsieur de Roquefort (Guillaume Delom ?)
Salla Peyre
Serven Fransès
Vylla Estève

Que se passait-il à cette époque ?

En 1503, Louis XII envoie une armée en Languedoc, les espagnols prennent Leucate, puis La Palme, Treilles et Roquefort. Sigean est occupée et un violent incendie détruit une bonne part de la ville.

La même année, la peste est à Narbonne, il en sera ainsi en 1523, 1529,1530 et 1560.

En 1507, Narbonne est place frontière, en 1508, la vicomté de Narbonne est rattaché à la couronne de France.

En 1538, François 1er règne depuis 1515 et est en guerre avec l’Espagne de Charles Quint.

En 1547 François premier ordonne qu’une garnison de 3000 hommes occupe la ville de Narbonne.

Il y a une forte migration en provenance de Castres, Lavaur, St Pons, Rodez et du Rouergue.

En 1560, un nouvel incendie détruit en partie Sigean.

En 1565, Charles IX et sa mère Catherine de Médicis se rendent au château de Leucate pour voir la forteresse en construction. Le 7 janvier, ils couchent à Sigean.

En 1571, un hiver très rigoureux entraine le gel des arbres et des oliviers.

En 1573, les troupes protestantes de Coligny et Montmorency pillent la région à la recherche de vivres. Des « capitaines » commandent des bandes huguenotes. Ce sont des artisans ou des paysans qui ont pris les armes.

 

De la fin du XVIème à la fin du XVIIème.

Page du compoix de 1665.

Personnes citées dans le compoix de 1583
Personnes citées dans le compoix de 1665
Personnes citées dans la taille de 1680
COMPOIX DE 1583 COMPOIX DE 1665 TAILLE DE 1680
   
Jehan de Montredon, seigneur de Mattes Monsieur de Montredon, seigneur de Roquefort, de Mattes, le Lac et autres lieux Monsieur de Mattes
Alarique Catherine, veuve de feu Artes Pierre de Sigean.    
Delhom Paul (coseigneur de Roquefort) Monsieur Delom de Roquefort (coseigneur) Monsieur de Roquefort
Amigues Pierre    
Amyel François    
Azéma François (bayle pour noble Jehan de Montredon, seigneur de Mattes) François Azéma  
Azéma Jehan    
  Mme de la Roquete
Labarthe Anthoine Jean Barthe vieux Jean Barthe vieux
Jean Barthe jeune Jean Barthe jeune
André Barthe André Barthe
Bellissen Guillaume (Sire) Mademoiselle de Bellissen  
Breu Mathieu    
Causse Guilhem Barthélemy Causse Barthélémy Causse
Causse Mathieu (les héritiers de) Jean Paul Causse Jean Paul Causse
Causse Laurens    
Causse Cristol    
Causse Florens (les héritiers de) Héritiers d’Antoine Causse  
Capdeville Pierre    
Laffite Jehan, mari de Colh Anthonia, fille de feu Colh Barthélémy Jean Laffite Jean Laffite
Antoine Labou Antoine Labou
Héritiers du sieur Louis Cazalbon (assassiné en 1659) Mme de Saint Jean de Cazalbon
Gabriel et Christol Chafary (frères) Gabriel Chaffary
Arnaud Palaffré Arnaud Palaffré
Antoine Berthomieu Antoine Berthomieu
Caseres Jehane, veuve de Martrou Miquel    
Cazeres Jaquette, épouse de Cotancel Jehan    
Cazeres Jehane, épouse de Cotancel Pierre    
Cotancels Pierre et Jehan    
D’Angelz Domenge    
Paul Savignac Paul Savignac
  Barthélémy Savignac
Domenge/Dominique Castang (de Sigean, il a épousé en 1640 Marie Causse) Dominique Castang
François Terrade François Terrade
Arnaud Alexandre Arnaud Lissandre/Alexandre
  François Couderq
  Pierre Sarreuille
Daudé Marty (de Castelmaure)    
Dedon Pierre    
Delbosc Jehan (dit Mouroux)    
De Sanct Ramon Jehan    
Estève Loys Antoine Estève (fils de Louis ?) Jean Estève
Héritiers de Bernard Estève Jean Jacques Estève
  Jacques Estève vieux
  Jacques Estève jeune
  François Estève
Bernard Binos Bernard Binos
Jean Paul Carrière Jean Paul Carrière
Jean Nouvelles  
François Marty François Marty
Morat Pradal Morat Pradal
  Jean Balmigère
Fabre Estène Louis Fabre  
François Fabre François Fabre
Louise Fabre  
Forcade Bernard    
Guarrigue Loïze, veuve d’Aymeric Claude    
Guerre Bernard (de Leucate)    
Guiraud Jacme (de Sigean)    
Heritié Domenge    
Jean Chaynet Jean Chainet
Guillaume Sirven Barthélémy Sirven
Sirven Mathieu Gaspard Sirven Gaspard Sirven
Sirven Pierre Pierre Sirven Pierre Sirven
Sirven Jehan Jean Sirven Jean Sirven
Lemosi Miquel (maçon)    
Pene Riquette, veuve de Caseres Anthoine    
Reynaud Pierre    
Reynaud Pons    
Jean Suzanne Jean Suzanne
Armans Forcarand Armans Forcarand
Daniel Gouzy Daniel Gouzy
Bertrand Bosc Bertrand Bosc
Barthélémy Bosc Barthélémy Bosc
Antoine Molinier Anthoine Molinier
Pierre Deveze  
Barthélémy Devèse Barthélémy Devèse
Pierre Bastide Pierre Bastide
Thore Pierre    
Jacques Trappes Jacques Trapos /Trappes
Jacques Chabardès  
Paul Mailhac Paul Maihac
Jean Sauzède Jean Sauzède
  Jean Antoine Rousset
  Jean Delon
  Pierre Murel
  Catherine Bernade
  Guillaume Ganes
Le sieur de Pompadour de Montpezat  
Gaspard Delom (de Sigean, fils naturel de François Delom)  
Pierre Jacques (recteur de La Palme et propriétaire de la métairie de la « Borio Blanco » et du moulin à blé)  

 

Notes

Le compoix est un registre où la surface et la valeur des parcelles sont décrites et estimées. Ce document sert à établir l’impôt foncier. Bien sûr, les biens nobles n’étaient pas imposés seuls les biens ruraux pouvaient l’être.

La taille est un impôt direct, très impopulaire car les nobles le clergé et les bourgeois des grandes villes en sont exemptés. A l’origine, le terme désigne un « bâton de taille », une baguette de bois permettant de conserver la trace de valeurs chiffrées grace à des encoches qui marquent ces valeurs. Ce système est compréhensible par les personnes ne sachant ni lire ni écrire.

Il y avait 41 chefs de famille imposables en 1583, 51 en 1665 et 53 en 1680. Le village comptait 32 maisons en 1583, 38 en 1604, 48 en 1665.

Ce qui est intéressant, c’est qu’entre 1583 et 1665, dans un intervalle de 82 ans, la population du village a complètement changé car 23 patronymes ont disparu (en italique dans le compoix de 1583) alors que 25 nouveaux noms de famille sont apparus.

Entre 1665 et 1680, seules 8 familles (en italique) sont venues s’installer à Roquefort.

 

Page de la « taille » de 1680.

Que se passait-il à cette époque ?

Des opérations militaires ont lieu entre 1585/86 et aussi entre 1589 et 1592. Ce sont les « guerres de religion »

En 1590, les espagnols font le siège de Leucate, Bourcier de Barry, gouverneur de Leucate est du côté de Montmorency et des protestants. Il tombe dans une embuscade, il est fait prisonnier et emmené à Narbonne car les espagnols sont les alliés des catholiques. Françoise de Cézelli, épouse de Bourcier de Barry, assure héroïquement la défense de Leucate.

En 1592, la peste touche de 10% à 20% de la population de Narbonne mais Sigean semble avoir été épargnée. De nombreux narbonnais fuient la ville pour les villages.

En 1610, Henri IV a été assassiné.

En 1622, le pape Grégoire XV met en place le calendrier grégorien: l’année commence le 1er janvier et non plus le 25 mars. La même année voit la naissance de Jean-Baptiste Poquelin.

En 1625, la population de la France est estimée à 21 millions. En 1630, Sigean compte 1200 habitants environ mais en 1632/1633, la peste fait plus de 300 morts!

En 1635, Richelieu déclare la guerre à l’Espagne.

Le 29 Août 1637, les espagnols prennent Fitou et Treilles puis La Palme. Attaqué le 30 Août, le château de Roquefort résiste deux jours avant de capituler. Le duc d’Halluin rassemble une armée de 10 000 hommes et enlève le château le 25 septembre puis La Palme, les espagnols laissent plus de 2000 morts ou blessés.

En 1639, une nouvelle bataille entre français et espagnols a lieu à Roquefort.

Le 10 mars 1642, Louis XIII arrive à Narbonne, cinq jours après, le cardinal de Richelieu, malade et paralysé, loge dans la ville. Le cardinal décède en décembre 1642 et Louis XIII un an après en mai 1643.Le 21 avril 1642, Louis XIII se rend à Sigean où il couche dans la maison Ferrier.

La petite histoire dit que dans sa suite il y avait Jean-Baptiste Poquelin, pas encore connu sous le nom de Molière.

Molière revient à Narbonne en 1649, mais cette fois, il dirige une troupe de comédiens, il y séjourne à nouveau en 1656 avec sa troupe et donne en représentation « le dépit amoureux ».

Cherchant des fonds pour sa troupe, il rencontre Martin-Melchior Dufort, bourgeois de Sigean, chez qui il aurait logé en 1642, qui accepte de le financer.

 

Entre 1648 et 1651, des mauvaises récoltes causées par de fortes pluies provoquent la famine et des épidémies de peste, de choléra et de typhus multiplient la mortalité par quatre ou par cinq. Les pauvres se nourrissent de raves, de navets et de légumes sauvages. En 1652, la peste sévit à Narbonne et la hausse des prix entraine la disette. Les repas étaient peu variés: au lever un morceau de pain frotté d’ail, au déjeuner de la soupe de choux ou de fèves et le soir une bouillie de maïs, le milhas car cette plante venue du Nouveau Monde, commence à se répandre dans le Languedoc tout comme le haricot qui va changer les habitudes culinaires de la région et la création du cassoulet!

En novembre 1659, Louis de Cazalbon de Saint-Jean est tué, il est inhumé dans sa chapelle à Saint-Jean.

La même année, Gabriel Delom officier des gabelles et dont les ancêtres étaient seigneurs de Roquefort est lui aussi assassiné. Sa fille accuse Pierre de Pompadour seigneur de Villesèque. La famille de Pompadour était arrivée dans la région suite à la nomination de Hélie de Pompadour archidiacre de Carcassonne. Édouard de Pompadour épouse au XVe siècle la fille de R d’Auriac, seigneur de Villesèque et de Montpezat.

En novembre 1659, est signé le traité des Pyrénées, mettant fin à la guerre avec l’Espagne.

En avril 1660, Louis XIV, âgé de 22 ans, vient à Narbonne et chasse le canard à Sigean dans l’étang dit de Sainte Croix.

 

Maison Ferrier à Sigean.

En 1666, Pierre Paul Riquet est autorisé à creuser le canal des deux mers. Cela prendra 14 ans, de 1667 à 1681. Il est âgé de 57 ans, ce qui compte tenu de l’espérance de vie de l’époque, est un âge respectacle. Au début du règne de Louis XIV, un quart des enfants décède avant l’âge de un an, un autre quart décède entre un an et 25 ans et seul un quart atteind l’âge de 60 ans!

 

Au XVIIIème siècle.

 

Page du registre de capitation de 1753.

 

Registre de capitation de 1753 Compoix de 1759 Registre de capitation de 1768
Pierre Armentiers (fermier de M De Monteil, 2 valets) Armentiers Pierre Pierre Armentiers (ménager)
Bernard Armentiers (brassier) Armenties Bernard Bernard Armentiers (brassier)
  Avet jean Jean Abet (ménager 1 pasteur)
Paul Alexandre/Lissandre (laboureur, 2 pasteurs) Alexandre Paul Paul Alexandre (ménager)
Antoine Alexandre/Lissandre (laboureur) Alexandre Gabriel  
     
Veuve de Dominique Barthe    
     
André Barthe (laboureur, 1 pasteur) Barthe André André Barthe (ménager)
Antoine Berthomieu (laboureur) Barthélémy Antoine Antoine Berthomieu (brassier)
Bernard Bastide (brassier, 1 pasteur) Bastide Bernard Bernard Bastide (brassier)
  Bastide jean  
Bernard Bosc (brassier) Bosc Bernard Héritiers de Bernard Bosc (brassier)
Jean Bosc (brassier) Bosc Jean  
Marc Bosc (brassier) Bosc Marc Marc Bosc (brassier)
Paul Berthomieu (laboureur) Héritiers de Paul Barthélémy Veuve de Paul Berthomieu (ménager)
  Barthe Paul Paul Barthe (ménager)
Jean Berthomieu (laboureur) Barthélémy Jean Jean Berthomieu (brassier)
Pierre Berthomieu (laboureur) Barthélémy Pierre Pierre Berthomieu (ménager)
Pierre Balmigère (brassier) Balmigère Pierre Pierre Balmigère (brassier)
A la métairie de la Murelle : 1 valet, 1 servante. M Benoit (ancien archiprêtre)  
     
    Pierre Castaing/Castan (ménager, 1 domestique, fils de Jean)
Jean Castaing/Castan (laboureur, petit-fils de Dominique) Castan Jean Jean Castaing/Castan (ménager, 2 aides pasteurs)
Jacques Castaing/Castan (brassier, demi-frère de Jean et Raphael Castan) Castan Jacques Jacques Castaing/Castan (ménager)
Raphael Castaing/Castan (laboureur) Frère de Jean Castan.

 

Héritiers de Raphael Castan (décédé en 1756)  
  Castan François (fils de Raphael)  
     
Jean Crouzet (brassier) Crouzet Antoine Antoine Crouzet (ménager)
    Jean-Pierre Crouzet (majoural de Paul Alexandre)
François Causse (brassier) Causse François François Causse (ménager)
François Couderc (brassier) Couderc François François Couderc (brassier)
Jean Couderc (brassier) Couderc Jean  
Barthélémy Chainet (laboureur, 1 pasteur) Héritiers de Chainet Barthélémy  
  M De Saint Jean de Casalbon    (rural) Blaise Chauvet (ramonet de Saint-Jean)
  M De Saint jean de Casalbon (biens nobles) André Bringuié (majoural de Saint-Jean)
  La communauté  
  Les commandeurs  
     
  Delom Gaspard  
     
François Estève (brassier) Estève François  
  Estève Guilhaume Guilhaume Estève (brassier)
Veuve d’Antoine Estève (brassier)    
     
    François Fabre (ménager, 1 domestique)
Estienne Fabre (tailleur) Fabre Estienne Estienne Fabre (tailleur)
François Fauran (brassier) Fauran François François Fauran (brassier)
François Ferran (brassier) Ferran François  
Pierre Ferran (brassier) Ferran Pierre Jean Ferran (brassier)
Pierre Fresquet (brassier) Fresquet Pierre Pierre Fresquet (brassier)
     
Pierre Gouzy (hoste) Gouzy Pierre (vieux) Jean-Pierre Gouzy (brassier)
Pierre Gouzy fils Gouzy Pierre (jeune) Pierre Gouzy (brassier)
Pierre Gouzy fils Gouzy Pierre (fils d’Antoine) Pierre Gouzy (ménager)
     
Estienne Langoustet (brassier) Langoustet Estienne Estienne Langoustet (brassier)
Honoré Labou (brassier) Labou Honoré Honoré Labou (brassier)
  L’archiprêtre L’archiprêtre (1 servante)
     
Antoine Mailhac (laboureur, 1 pasteur) Mailhac Antoine Antoine Mailhac (ménager)
    Jean Baptiste Mailhac (majoural de la Murelle)
Bertrand Marty (brassier) Marty Bertrand  
François Molinier Moulinier François François Molignier (brassier)
     
Pierre Marty (fermier de M de Saint-Jean, 1 pasteur) Marty Pierre François Marty (ménager,1 domestique)
  Marty Barthélémy Barthélémy Marty (brassier)
    Antoine Marty (brassier)
    François Marty (brassier)
    Dominique Mas (pasteur)
  M De Monteil (biens nobles)  
  M De Monteil (rural)  
Veuve de Jean Miquel Héritiers de Jean Miquel La veuve de jean Miquel (brassier)
     
Michel Nouvelles (brassier) Nouvelles Michel Michel Nouvelles (brassier)
Veuve de Pierre Nouvelles (brassier) Héritiers de Pierre Nouvelles Veuve de Pierre Nouvelles (brassier)
     
    Antoine Pagès (majoural de Paul Alexandre)
Antoine Rasouls (journalier) Rasouls Antoine  
    François Richou (pasteur)
     
Jean Savignac (brassier) Savignac Jean  
  Héritiers d’Antoine Savignac  
Gabriel Sirven (brassier)    
     
François Villa (maréchal) Villa François François Villa (maréchal)

 

Page du compoix de 1759.

 

NOTES

La capitation est une taxe créée par Louis XIV en 1695 pour financer ses guerres et qui sera perçue jusqu’à la Révolution.

   Les laboureurs ou ménagers. Ils sont propriétaires de leur exploitation, quelle qu’en soit la taille. Ils sont leur propre maître et peuvent avoir même des employés (en dehors des travaux saisonniers). Certains peuvent être pauvres mais c’est quand même le plus souvent la catégorie la plus aisée. On emploie de plus en plus au long du XVIIIème le terme « ménager » pour désigner les plus aisés d’entre eux. Le mot « paysan » est aussi employé.

Les brassiers (plus ou moins équivalents à ouvriers agricoles). Ils peuvent parfois posséder une maison et un lopin de terre mais pas suffisant pour en vivre. Ils louent donc leur force de travail (leurs bras).

Le  majoural était le chef berger.

 Le ramonet en Occitanie était le régisseur employé à cultiver ou à faire cultiver par les     journaliers les biens du propriétaire. Il logeait dans un bâtiment annexe appelé ramonétage.

 Les commandeurs : sont désignés ainsi les biens appartenant à la commanderie d’Homs de l’Ordre de Malte.

 La communauté : c’est le bien géré par et pour le village.

En 1759, le village compte 67 maisons.

 

Que se passait-il à cette époque ?

Des trombes d’eau s’abattent sur la région en avril 1695 puis en juin de la même année, c’est une tempête de grêle qui sévit. La grêle détruit les récoltes au début juillet. En 1696, des épisodes climatiques extrêmes se succèdent.

En 1697, le gel durant l’hiver puis la sècheresse en avril et en mai  entrainent une pénurie de farine. En 1701, la sècheresse s’installe, en 1704, c’est pire encore, les puits tarissent.

L’ensablement du grau de la Nouvelle est une menace pour l’industrie du sel. Le 10 novembre 1704, la première pierre de la jetée de La Nouvelle est posée. Ce travail dirigé par Antoine de Niquet est à l’origine du port.

L’hiver de 1709 détruit l’oliveraie en Languedoc, le vin gela dans les tonneaux !

En 1709, Sigean et les cabanes de La Nouvelle comptent 1252 habitants.

En 1715, Louis XIV décède après 72 ans de règne.

En 1738, Monsieur de Monteil, déjà seigneur du Lac, de Villefalse et de Mattes achète à François Delom la moitié de la seigneurie de Roquefort. La même année, il profite des problèmes de succession de Balthazar de Montredon pour s’emparer de l’autre moitié. Il fait aussi l’acquisition de la seigneurie de Montpezat.

Construction du pont du Lac, entre 1746 et 1750.

En 1759, il y a 25 millions d’habitans en France.

Page du registre de 1768.

En 1774, fin du règne de Louis XV.

En 1776, les Etats du Languedoc décident la mise en exécution du projet élaboré par Vauban en 1684 et qui consiste à joindre le canal de Narbonne au Canal du Midi. Les travaux commencent en 1777 et le 28 octobre 1787, le canal de jonction de la Robine est inauguré.

En 1788, une crue du Rieu à Roquefort entraine la mort du troupeau de M Benoit à la Murelle. Dans une lettre, ce dernier incrimine le pont construit en 1744 qui n’est pas assez large et il demande sa reconstruction.

En 1790, la commune de Montpezat fusionne avec celle de Roquefort.

COMPOIX DE 1775

 LISTE DES PROPRIETAITAIRES PAR ORDRE DE FORTUNE

  • Monsieur de Monteil : 23 livres 17 sols 2 deniers (rural uniquement car ses biens sont estimés à 440 livres 7 sols et 7 deniers ¾).
  • Monsieur de Saint Jean de Casalbon : 39 livres 11 sols et 3 deniers ¼ pour le bien rural et 4 livres 7 sols et 10 deniers ½ pour les biens nobles.
  • Monsieur Benoit (ancien archiprêtre) : 33 livres 11 sols 4 deniers ½.
  • Paul Alexandre : 30 livres 10 sols 3 deniers ¼.
  • Jean Castan : 27 livres 2 sols 9 deniers.
  • Héritiers de Raphaël Castan : 17 livres 4 sols 2 deniers ½.
  • André Barthe : 15 livres 10 sols 11 deniers ½.
  • Héritiers de Paul Barthélémy : 15 livres 5 sols 10 deniers ¾.
  • Héritiers de Barthélémy Chainet : 14 livres 19 sols 8 deniers ½.
  • Pierre Marty : 14 livres 3 sols 5 deniers.
  • Pierre Armentiers : 13 livres 3 sols 7 deniers.
  • Paul Barthe : 12 livres 8 sols 1 denier ¾.
  • Pierre Barthélémy : 10 livres 16 sols 7 deniers ¼.
  • Gabriel Alexandre : 9 livres 19 sols 11 deniers.
  • Antoine Mailhac : 9 livres 14 sols 10 deniers ½.
  • François Fauran : 9 livres 1 sol 10 deniers ¾.
  • Bernard Armentiers : 8 livres 16 sols 11 deniers ½.
  • Les Commandeurs : 8 livres 16 sols 3 deniers.
  • Antoine Berthoumieu : 8 livres 10 sols 9 deniers ¼.
  • Jean Avet : 7 livres 19 sols 11 deniers ½.
  • Antoine Crouzet : 7 livres 18 sols 11 deniers ¼.
  • Jean Barthélémy : 7 livres 15 sols 11 deniers ¾.
  • François Causse : 7 livres 4 sols ¾ de denier.
  • François Villa : 6 livres 4 sols 8 deniers ¾.
  • Pierre Gousy (jeune) : 5 livres 14 sols 11 deniers ¾.
  • Pierre Gousy  (fils d’Antoine) : 5 livres 11 sols 7 deniers ¼.
  • Jacques Castan : 5 livres 10 sols 5 deniers ½.
  • Héritiers de Pierre Nouvelles : 5 livres 4 sols 2 deniers.
  • François Estève : 4 livres 18 sols 4 deniers.
  • Guillaume Estève : 4 livres 14 sols un denier ½.
  • Jean Couderc : 4 livres 7 sols un denier ½.
  • Estienne Langoustet : 3 livres 18 sols un denier ½.
  • Michel Nouvelles : 3 livres 17 sols 7 deniers ¼.
  • Bertrand Marty : 3 livres 17 sols 4 deniers ¾.
  • Bernard Bastide : 3 livres 16 sols un denier ½.
  • Honoré Labou : 3 livres 13 sols 5 deniers ½.
  • François Castan : 3 livres 13 sols 4 deniers ½.
  • Pierre Gouzy (vieux) : 3 livres 10 sols 7 deniers ½.
  • François Moligné : 3 livres 8 sols 3 deniers.
  • Marc Bosq : 3 livres 3 sols 8 deniers ¾.
  • Pierre Balmigère : 2 livres 12 sols 4 deniers ¼.
  • Pierre Ferran : 2 livres 8 sols 8 deniers ½.
  • Héritiers de Jean Miquel : 2 livres 6 sols 1 denier ¼.
  • Jean Bosq : 2 livres 2 sols 6 deniers.
  • Pierre Fresquet : 1 livre 18 sols 10 deniers.
  • Antoine Razouls : 1 livre 18 sols 4 deniers ½.
  • François Couderc : 1 livre 16 sols 3 deniers ¼.
  • Estienne Fabre : 1 livre 15 sols 9 deniers ¼.
  • François Ferran : 1 livre 14 sols 3 deniers.
  • L’Archiprêtre : 1 livre 7 sols 6 deniers.
  • Bernard Bosq : 1 livre 7 sols un denier ¾.
  • Jean Savignac : 1 livre 6 sols, ½ denier.
  • Héritiers de Gaspard Delom : 15 sols 11 deniers ¼.
  • Barthélémy Marty : 8 sols 11 deniers.
  • Héritiers d’Antoine Savignac : 6 sols 8 deniers ½.
  • Jean Bastide : 3 sols, ½ denier.
  • La Communauté : 1 livre 6 sols 3 deniers.

En 1787, Thomas Jefferson, ambassadeur en France et futur président des USA, dépeint ainsi dans son journal de voyage, les repas des travailleurs agricoles.

 » pain rassis, moitié de froment et moitié de seigle, le matin avec un anchois ou un oignon, à midi et le soir avec la soupe et les légumes à l’huile; le dimanche de la viande. Le tout arrosé de vin ou tout au moins de piquette. »

En 1787, un journalier agricole, classe la plus pauvre, gagne 16 sous par jour de travail.

 

COURTALS ET JASSES A ROQUEFORT DES CORBIERES EN 1775

 

Sur les cinquante cinq contribuables cités dans le compoix de la commune en 1775, vingt trois sont propriétaires d’un « courtal » ou d’une « jasse ». Cela signifie que pratiquement la moitié des chefs de famille du village possédait un troupeau d’ovins ou de caprins.

On compte dans le compoix trente six abris à moutons dont quinze « courtals » dans le village, souvent attenants à des maisons, dix « courtals » à l’extérieur du village, neuf  « jasses », toutes à l’extérieur et deux grottes servant d’abri pastoral.

Pour mesurer tous ces bâtiments, l’arpenteur utilisait un instrument «  la canne » aussi orthographié « cane ». La canne de Montpellier était divisée en huit pans et faisait 1 mètre quatre vingt dix huit de long.

Voici donc les noms de ces propriétaires ainsi que les lieux dits et la superficie des bâtiments.

 

Pierre Armentiers possédait un courtal au village d’une superficie de dix canes et quatre pans soit environ vingt et un mètres carré. Il avait aussi une jasse au « Camp dal Tay » et une seconde jasse à « Las Cours ».

Bernard Armentiers était propriétaire d’un courtal dans le village de douze canes, vingt quatre mètres carré et avait une jasse au « Camp dal Tay »

Jean Avet possédait un courtal au village de quinze canes soit trente mètres carré.

Paul Alexandre détenait au village un courtal de treize canes et quatre pans soit environ vingt sept mètres carré. Il possédait en outre un courtal de quarante six canes à la « Parets de Mattes » un second courtal de six canes aux « Clauzels », une jasse au lieu dit      «  La jasse de las Baques » (aujourd’hui la jasse des vaches, le v se prononçant b en occitan) et une grotte pastorale « la caune dal Baile ».

André Barthe était propriétaire d’un courtal de vingt et une canes dans le village.

Bernard Bastide avait une jasse de 24 canes au lieu-dit « Las lauses ».

Antoine Berthoumieu possédait une partie de courtal au lieu dit « Pech de Gardié » d’une superficie de quinze canes.

Jean Barthélémy avait dans le village un courtal de seize canes.

Les héritiers de Paul Barthélémy devaient se partager un courtal ruiné à Las Cours.

Paul Barthe possédait un courtal de vingt quatre canes dans le village aux « Baris Naus » ainsi qu’une jasse de trente canes au lieu dit « L’Auré Fred »

Pierre Barthélémy détenait une partie de courtal à Las Cours d’une superficie de douze canes.

François Causse était propriétaire dans le village d’un courtal de six canes et quatre pans.

Jacques Castan possédait un courtal dans le village.

Jean Castan avait un courtal au village d’une surface de treize canes ainsi qu’un courtal à Las Cours de soixante deux canes soit cent vingt mètres carré environ.

Les héritiers de Raphaël Castan devaient se partager les biens suivants ; un courtal au village de treize canes et quatre pans, une jasse au lieu dit « La Basse » de soixante canes, une seconde jasse de quarante deux canes à Las Cours et une bergerie de trente sept canes au chemin du Pla de la Lauze.

François Fauran était propriétaire d’un courtal de vingt canes dans le village.

Pierre Fresquet détenait une jasse de dix canes au lieu dit « Sous Roque ».

Pierre Gouzy (fils d’Antoine) possédait une jasse de trente canes au lieu dit « La Servaire ». On peut penser que l’orthographe actuelle est La Cerbeyre.

Pierre Gouzy (jeune) avait une jasse de sept canes à Las Cours.

Antoine Mailhac était propriétaire d’un courtal de vingt canes dans le village.

Pierre Marty possédait un courtal de douze canes dans le village.

Monsieur Benoit (ancien archiprêtre) détenait un courtal au lieu dit « La cabane Blanque » aujourd’hui la Murelle. Ce courtal était attenant à sa maison, à une écurie et à un four.

Monsieur de Saint Jean de Cazalbon était propriétaire d’un courtal de trente quatre canes attenant à sa métairie de Saint Jean.

Monsieur de Monteil, seigneur de Roquefort, possédait dans ses biens une métairie à Las Cours de quarante huit canes qui était soumise à l’impôt car faisant partie des « biens dits ruraux » alors que les « biens prétendus nobles » échappaient à l’impôt. Dans la liste des biens exemptés de la taille figuraient en plus du château au Roc de Saint Antoine de soixante canes, une écurie et casal joignant, un courtal de huitante canes au village et l’abri pastoral de « La Caune de la Clotte » de quarante huit canes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Petite histoire de la vigne à Roquefort.

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Le premier âge.

La monoculture de la vigne n’est que fort récente dans l’histoire  de notre commune. Cette « mer de vignes qui submerge les plaines » comme le décrivait Le Roy Ladurie et qui constitue notre paysage familier n’a qu’à peine plus de 150 ans d’existence.

Les trois moulins postés en sentinelle sur le plat de Roque le prouvent, ils étaient utilisés pour moudre les céréales produites sur le territoire.

En 1583, sur environ 210 hectares cultivés, seulement dix hectares sont plantés en vigne. L’idée fixe du paysan est de produire le « pain quotidien ». La crainte de la disette hante toujours la population roquefortoise.

L’organisation du terroir de chaque commune est immuable : saltus (espaces herbeux pour les parcours à moutons) et silva (espaces boisés possédés par les nobles) restent interdits aux cultures, l’ager (espace cultivable) est consacré aux céréales. La vigne n’est cultivée que sur les coteaux et les moins bonnes terres.

En 1665, la superficie cultivée sur la commune est de 370 hectares mais il n’y a que 17 hectares de vignes. On compte 41 chefs de famille et 32 maisons en 1583 alors qu’on relève 48 maisons en 1665. L’accroissement de la population explique sans doute les défrichements effectués et la nette augmentation de la superficie agricole.

En 1759, sur 386 hectares cultivés, on trouve dans le compoix de cette année là, 37 hectares en vigne  soit 10% de la superficie totale. Les vignes appartiennent majoritairement aux petits et moyens propriétaires.

Par exemple, Jean Castan qui est le cinquième plus gros propriétaire du village et qui possède 15 hectares 70,  n’a que 72 ares en vigne !

Pourtant, la fondation du port de Sète (1666) et l’ouverture du canal du Midi (1681) sont à l’origine de la première extension du vignoble languedocien, permettant les exportations d’alcool. Mais la crainte d’une pénurie de grains étant toujours la règle, la plantation de vignes nouvelles a été interdite en 1731. De plus, le coût du transport est très élevé.

La Révolution va abroger l’arrêt de 1731 et même autoriser le partage des biens communaux mais va aussi avoir pour conséquence une interruption du commerce maritime.

Les grands propriétaires fonciers ne s’intéressent pas encore à la vigne, le blé est plus rémunérateur que le vin. Les récoltes de raisins sont peu abondantes et les rendements sont faibles de l’ordre de 10 à 15 hectolitres à l’hectare. L’habitude est de vendanger précocement et donc les vins ont un faible degré d’alcool et se conservent mal.

Les petits propriétaires essayent de valoriser quelques arpents de terre qu’ils travaillent à la pioche, n’ayant pas le matériel nécessaire  ni même un mulet, la culture de la vigne reste une culture populaire. Ce sont de toutes petites parcelles de quelques ares où les ceps ne sont pas alignés et où le remplacement des manques s’effectue par marcottage.

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L’âge d’or.

A la fin du Premier Empire, seuls le Biterrois et dans une moindre mesure le Minervois et le Lézignanais, ont connu une véritable extension du vignoble mais dans le premier quart du XIXe siècle, la vocation viticole du département va s’affirmer.

Les paysans vont sortir d’un système de polyculture pour entrer dans un système de culture spécialisée à vocation commerciale. L’extraordinaire expansion du vignoble s’explique par l’augmentation de la population française et donc par une plus grande consommation de vin mais surtout par la construction du réseau ferré.

L’achèvement des lignes Paris – Languedoc en 1856, l’ouverture de la gare de Narbonne en 1857 et de la gare de Port La Nouvelle en 1858 ouvrent de nouveaux marchés. Le chemin de fer rend possible le transport à bas prix du vin sur de longues distances. Les progrès de la vinification grâce aux découvertes de Pasteur permettent la conservation du vin qui peut voyager sans devenir aigre.

Cependant, cette période va subir une première crise, l’oïdium ravage le vignoble de 1852 à 1857, la production chute des deux tiers mais cette diminution des récoltes est compensée par une hausse des prix. On assiste à une véritable frénésie de plantations !

En 1878, la vigne représente 90% de la surface cultivée dans l’arrondissement de Narbonne. On utilise aussi de nouveaux outils : le sécateur pour la taille, la charrue à la place du « bigos » et de la « rabassière ». Le travail de la vigne réclame une main-d’œuvre abondante : la taille, les traitements, les vendanges sont des opérations qui imposent de s’occuper un à un de chaque cep. Le village connaît un grand essor démographique. De 304 habitants en 1807, on passe à 1240 habitants en 1890 !

Pourtant, le vignoble audois porte en son cœur  une faiblesse fondamentale, il est orienté vers un marché de grande consommation, à prix modérés et il est soumis aux lois d’un marché qu’il ne contrôle pas.

Le phylloxéra ne va pas sauver la viticulture audoise mais lui assurer un répit.

Ce petit puceron qui faillit faire disparaître le vignoble français, apparaît pour la première fois en 1863. Sa marche est lente au début puis s’accélère : le Vaucluse en 1868, le Gard en 1869, Montpellier en 1869, le Biterrois en 1877 et l’Aude à Ouveillan en 1878. Cependant, il n’atteint Roquefort qu’en 1885.

Le vignoble de la région bénéficie en fait d’une période de prospérité de 1878 à 1885, à  la forte hausse des prix due à la disparition du vignoble français s’ajoutent de bonnes récoltes. Les viticulteurs qui ont bénéficié d’une décennie de répit par rapport aux voisins du Gard ou de l’Hérault peuvent reconstituer le vignoble très rapidement car on connaît à ce moment là le remède au mal.

En effet, un botaniste, Jules Planchon et un avocat viticulteur Jean-François Bazille découvrent que le greffage d’un plant français sur un porte-greffe américain permet au cep de résister au phylloxéra.

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L’âge des crises.

C’est donc une viticulture complètement rénovée qui sort de la crise du phylloxéra mais très vite, les viticulteurs vont s’apercevoir que tout a changé !

Les nouvelles vignes sont moins robustes que les anciennes, elles exigent des travaux plus importants : défonçage, greffage, davantage de labours, de plus les plants américains sont très sensibles au mildiou.

En outre, pendant la crise du phylloxéra, la production française ayant chuté, on a importé des vins d’Espagne et d’Italie. Le gouvernement français a aussi favorisé la création d’un vignoble en Algérie.

A partir de 1903, les vins algériens arrivent avec des quantités de plus en plus importantes, or ces vins sont très bon marché avec des degrés élevés ! Les négociants commencent à pratiquer le coupage avec les vins du Languedoc. La pénurie de vin pendant la crise  a amené le gouvernement à autoriser la fabrication de vins artificiels et le sucrage de la vendange !

Enfin, une succession de récoltes records (1899,1900, 1901, 1904)  va accentuer le phénomène de mévente et l’effondrement des cours (20 francs l’hectolitre en 1899, 5 francs en 1901).

En 1904, les ouvriers agricoles de Roquefort se mettent en grève pour protester contre leurs salaires jugés insuffisants. Le jeudi 4 février, à une heure de l’après midi, le clairon résonne dans les rues du village et 80 ouvriers agricoles répondent à l’appel. Le dimanche 7 février au soir, 200 personnes se réunissent au café Barthe. Ils protestent car leur salaire journalier a été réduit de moitié et le nombre de journées de travail dans l’année diminue considérablement.

Le 13 février à Narbonne, un accord entre les grévistes et les patrons est signé. Il porte en particulier  sur la durée de la journée de travail, le prix de la journée, le prix de la journée pour les femmes. Le 15 février, les ouvriers reprennent le travail.

La chute spectaculaire des cours de 1900 à 1907, entraîne une crise sans précédent, on peut parler véritablement de misère au début du XXe siècle. C’est dans l’Aude qu’éclate la grande crise de 1907 !

Chaque dimanche, des foules de plus en plus importantes, vont s’assembler autour de Marcellin Albert : cinq mille à Coursan le 14 avril, douze mille à Capestang le 21 avril, vingt mille à Lézignan le 28 avril et quatre vingt mille personnes le 5 mai à Narbonne ! L’élan populaire embrase le pays !

On compte cent cinquante mille personnes à Béziers le 12 mai, cent soixante et dix mille à Perpignan le 19 mai, deux cent mille à Carcassonne le 26 mai, deux cent cinquante mille à Nîmes le 2 juin et plus de six cent mille à Montpellier le 9 juin !

Le 19 juin, des membres du comité d’Argeliers et le maire de Narbonne, Ernest Ferroul sont arrêtés. La sous préfecture est attaquée, il y a un mort et des dizaines de blessés. Le vingt juin, la troupe tire sur la foule des manifestants faisant cinq morts et une dizaine de blessés. La ville est occupée par 10 000 soldats.

1907 est le symbole de toute l’histoire viticole de l’Aude, le mythe de 1907 resurgit à chaque crise et elles sont hélas  nombreuses. Ces manifestations se sont souvent terminées en affrontements parfois sanglants comme en 1976.

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L’âge de la coopération.

Finalement, ce grand mouvement populaire n’aura abouti qu’à deux résultats concrets : la loi du 29 juin qui instaure une surtaxe sur les sucres destinés à la vinification et la création de la Confédération Générale des Vignerons.

Face aux grands propriétaires et aux  négociants, la petite et moyenne propriété se lance dans un mouvement coopératif. La nécessité de se regrouper est imposée par les progrès de la vinification qui exige de gros investissements et par l’obligation de stockage pour réguler les ventes.

La première cave coopérative de  l’Aude voit le jour en 1909 à Lézignan, cinq autres sont créées avant la guerre. En 1920 sont créées les caves de Leucate et de Roquefort.

Fondée le 16 décembre 1920, la cave coopérative « La Vigneronne » à côté du café du marché, regroupe 45 membres. Le 25 juin 1966, La Vigneronne fusionne avec sa cadette la cave coopérative Saint-Martin. Celle-ci a été construite en 1949 sur des terrains cédés par MM Joseph Castan et Louis Marty. Sa capacité initiale de stockage était de 10 000 hectolitres, elle a été portée à 38 000 hectolitres.

Son président de sa création jusqu’en 1976 à été M Auguste Castan puis M Antoine Copovi puis M Jean-Marie Sanchis.

En 1981, la récolte à Roquefort était de 32 000 hectolitres, en 2009 elle n’était plus que de 16 000 hectolitres et les caves coopératives de Leucate et de Roquefort décidaient de fusionner scellant leur destin autour d’un nouveau chai d’une capacité de 100 000 hectolitres.

 

Sources :

« Le temps de la vigne » par Marc Pala et Jean-Louis Escudier. Les carnets du parc n° 14.

« La grève des ouvriers agricoles de Roquefort des Corbières en 1904 » par Robert Masquet. ARHP.

« Mémoires de Marcelin Albert » Editions Christian Salès.

LES COMMERCES DE LA COMMUNE AU DÉBUT DU XXe SIÈCLE.

Il était intéressant de se pencher sur l’inventaire des commerces et sur les diverses professions recensées au début du vingtième siècle dans notre village.
La première énumération que nous avons en notre possession date de l’année 1905. Roquefort comptait alors 1260 habitants!
En moins de cent ans, la vie du village va complètement changer ! Nous assistons à un véritable basculement; vous allez pouvoir constater cette évolution, cette révolution même.

De dix ans en dix ans, on note de nouveaux métiers mais aussi l’apparition du téléphone! Ce n’est véritablement qu’après la seconde guerre mondiale que ce « monde » va se transformer irrémédiablement.

 

1905

1260 habitants

Maire: Ernest Fabre.

Adjoint: D Castan.

Conseillers: D Ferrand, F Marty, A Alexandre, Combres, A Cauvet, A Causse, P Payri, J Castan, E Mas, E Fabre, F Berthomieu.

Curé: F Alquier.

Instituteurs: Gabriel Benausse, Freu (Albouy en 1908).

Institutrices: Mlle Rolland, Mme Marty.

Secrétaire de mairie: G Benausse.

Percepteur: M Garsand.

Receveur buraliste: Puges.

Commissaire de police: Aman Olive.

Gardes: MM Bouttes et Tournier.

Cantonnier: B Guichou.

Postes et télégraphes: Mlle A Caminade.

Affenage (alimentation du bétail) et auberge: L Raynaud.

Bouchers: A Fabre, Benjamin Molinier, J Castany.

 

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On note sur ce plan de 1905, en A, l’abattoir rural, au pied de l’ancien château, en B, la boucherie Molinier qui se trouvait presque en face de la poste actuelle et en C, la boucherie  Fabre.

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Benjamin Molinier avec son épouse Clémence (née Maurel)

Boulangers:E Magnougat, J Bartre, Cancel.

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La Boulangerie Magnougat

Bourreliers selliers: E Lalanne,Gazel.

Cafés: L Fresquet, E Barthe, G Crozes, P Marty.

Charron-forgeron: Gontiés.

Chaussures en tous genres: Siffre.

Coiffeurs: M Olive, L Calvet.

Cordonniers: A Rivière, Siffre.

Distillateur: Iréné Ferrand.

Docteur: C Pelissier.

Epiciers: F Comte, L Fresquet, Bartre, P Barthe.

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L’épicerie F Comte.

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Facture François Comte premier mars 1899

Hôtel-restaurant: Veuve Crozes.

Huiles et savons: G Crozes.

Journaux et revues: M Olive.

Laitiers: Bringuier, A Zéphirin, Malet, Montagné.

Lingerie et blanc: P Armentiès, A Alexandre.

Maréchaux-ferrant: B Canavy, C Sauvaire, Azéma.

Menuisiers: Jules Olive, Galy.

Merciers: G Comte, Bartre.

Tailleurs et confectionneurs: Filipot.

Tartres, lies, verdets: L Maingaud.

 

1914

1200 habitants en 1908

Maire: Elie Mas.

Adjoint: Joseph Fresquet.

Conseillers: Combres, M Gouzy, Martin Miquel, Clovis Langoustet,Maximin Estève, Antoine Fournier,François Ferran, Léonce Castan, Amédée et Francès Béranger.

Curé: Edmond Homps.

Instituteurs: G Benausse, Ferrier.

Institutrices: Mlle Rolland, Mme Marty.

Secrétaire de mairie: G Benausse.

Receveur buraliste: Clavery.

Commissaire de police: A Olive.

Garde: Bouttes.

Cantonnier:Louis Canavy, J Bouis.

Postes et télégraphes: Mlle Cauneille.

Affenage et auberge: L Raynaud.

Bouchers: A Fabre, Benjamin Molinier.

Boulangers: Magnougat, J Bartre, Névado.

Louis et Catherine Madeleine NEVADO, boulanger en 1914.

Bourreliers- selliers: E Lalanne.

Cafés: L Fresquet, E Barthe, Marty.

Chaussures en tous genres: Olive.

Coiffeurs: M Olive, L Calvet, Ernest Fresquet.

Cordonniers: A Rivière, Olive.

Distillateur: J Courtessol.

Docteur: Charles Pélissier.

Épiciers: F Comte,Fresquet, Veuve Barthe.

Hôtel-restaurant: Veuve Raynaud.

Journaux et revues: M Olive, Amans Olive.

Laitiers: Malet, Montagné, Nobensa.

Lingerie et blanc: Pierre  Armentiès.

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Facture de Pierre Armentiès.

Maréchaux-ferrant: B Canavy, C Sauvaire, Azéma, Antonin Alexandre.

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Facture d’Antonin Alexandre.

Menuisiers: Jules Olive, Galy.

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Facture de Jules Olive.

Merciers: C Conte, Bartre.

Tailleur et confectionneur: Palau.

Tartres, lies, verdets: L Maingaud.

Voiturier: Richard Castany.

Volailles, œufs, gibiers: Sauvaire.

Principaux propriétaires: J Ferran, L Castan, L Conte,  A Causse, J Castan,  C Langoustet,     P Castan, L Martrou, E Mas, T Marty, E Fabre, Maximin Estève, Désiré Alexandre, Désiré Castan, François Berthomieu.

 

1924- 1926

1005 habitants

Maire:    en 1924 Aubin Alexandre.

Léonce Olive en 1926.

Adjoints: Marty, Nadal; Martin Gouez en 1926.

Conseillers:

En 1924: C Castan, Jh Conte, Fr Ferran, Ch Ferran, E Fresquet, J Martin, L Olive, A Suzanne, L Suzanne.

En 1926: C Castan, Richard Castany, Paul Fournier, Aubin Alexandre, JB Berniolle, Baptiste Peyrard, Etienne Azéma, Sylvain Antoine,Julien Olive, Vincent Clastes.

Curé: Balmigère.

Instituteurs:

En 1924: Benausse, Bringuier.

En 1926: Benausse, Ferrié.

Institutrices:

En 1924: Mmes Bringuier et Marty.

En 1926: Mmes Ferrié et Marty.

Receveur buraliste: Claverie.

Commissaire de police: A Rivière.

Garde champêtre: Alexandre.

Cantonier: Bénézeth.

Receveuse des postes: Mlle Besson.

Bouchers:

En 1924:Ovide Castan (beau-fils de Benjamin Molinier), Fabre.

En 1926: Ovide Castan, Hermès Gourbeille.

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Ovide Castan à droite avec son épouse Louise (née Molinier) et leurs deux enfants, Louis l’aîné et Maurice.

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La boucherie Fabre.

Bois de chauffage: François Séguy,plus Pujolas en 1926.

Boulangers: Balayé, Bartre, Marcellin Castéra, Névado.

Clémence Névado Balayé, boulangère et porteuse de pains, 1924 1926.

 

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Boulangerie Bartre.

Bourreliers: Alban Marty,François Théron.

Cafés:

En 1924: Georges Grimaud, Barthe.

En 1926, Grimaud, Ludovic Azeau.

Camionneur: Casimir Saingenis.

Charcutier: en 1926: Coopérative.

Charrons-forgerons: Edmond Bonnéric,Benoît Gélis,Jh Martinez.

Ferblantier: en 1924: Auguste Busquet.

en 1926: Maingaud.

Chaussures: en 1924:Kléber Cathala,Olive.

en 1926: Coopérative, J Olive.

Coiffeurs: Olive, Calvet, Palau.

Cordonniers: Rivière, Olive.

Courtier en vins: Aubin Alexandre (téléphone: 2)

Distillateur: en 1924: J Courtessol (téléphone: 4), I Ferran (téléphone 2).

en 1926: Clauzel, Coopérative.

Épiciers: Veuve Bénézeth, Sauvère, Bernioles, Bonnéric, Barthe, Elie Garrigues, Baptiste Garrigues,Julien Olive, Coopérative, François Pages, Saingenis.

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Épicerie Sauvère.

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Facture de l’épicerie d’Anne Bénézeth.

 

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Facture de l’épicerie Julien Olive.

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Plaque de l’épicerie.

Restaurant: Texidor.

Laines: A Bergé (téléphone 3).

Marchand de poisson: Auguste Jalabert.

Maréchaux-ferrant: en 1924: Casimir Azéma, Emile Canavy, Pujolas.

en 1926: Delonca, Emile Canavy, Pujolas.

Maçons: Pierre Molas, Joachim Vinolas.

Menuisiers: Louis Olive, Galy.

Fourrage et paille: en 1924: Casimir Saingenis.

en 1926: Garrigue, Suzanne.

Négoce en laine: J.B. Alexandre.

Tailleur: Olive.

Tartres, lies: Canavy, Sabineu,Maingaud.

Vins en gros: en 1926: Marie Barthe, A Alexandre, Mme Ficher, Aimé Miquel, J Courtessol.

Volailles: en 1924: Léonie Francès.

en 1926: Charles Alexandre, Blancard.

Autobus: Bedos (tous les jours de Roquefort à Narbonne)

Principaux propriétaires: A Bergé, B Alexandre, A Conte,M Estève, J Ferran, L Ferran, A Fabre, D Castan, L Castan, E Mas, T Marty, Ruffel, Jammes, A Alexandre.

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Distillerie Jules Clauzel (mentionnée dans l’annuaire des métiers de l’Aude en 1926)

1935-1936

840 habitants 

Maire:

En 1935: Aubin Alexandre.

En 1936: Désiré Alexandre.

Adjoints:

En 1935: Jules Martin.

En 1936:André Combres, Joseph Fresquet.

Conseillers:

En 1935: Aubin Gouzy,A Combres, Louis Marty, Etienne Azéma, Julien Olive, Louis Canavy, Martin Garrigues, Joseph Castany, Charles Roujou.

En 1936: Aubin Gouzy, Jean Roquelaure, Aimé Miquel, Etienne Saingenis, Alexandre Marceau, Nadal Marty, L Canavy, Martin Garrigues, Charles Roujou.

Curé: Savère.

Instituteurs: Ferrié.

Institutrices: Mme Ferrié, Castan.

Receveur  buraliste: Claverie.

Commissaire de police: en 1935: A Rivière.

en 1936: Pierre Fillion.

Gardes champêtre: Marius Fourty, Fernand Terrier.

Cantonnier: Jean Bonis.

Receveuse des postes: Mme Bataillé.

Bois de chauffage: Pujolas.

Bouchers: Louis Castan, Bringuier, Castany.

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Louis Castan avec son épouse et ses quatre enfants.

Boulangers: Bartre, Marcellin Castéra, Galy.

Bourreliers-selliers: Alban Marty,François Théron.

Cafés: Georges Grimaud, Ludovic Azeau.

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Café du Marché ou café Georges Grimaud.

Camionneur: Casimir Saingenis.

Forgeron: Benoît Gélis.

Chaussures: Coopérative.

Coiffeur: Alfred Saunière.

Cordonnier: Olive.

Courtier en vin: Aubin Alexandre.

Distillateur: Coopérative.

Épiceries: Coopérative, la Ruche du Midi, Paycha, l’Etoile du Midi.

Ferblantier: Maingaud.

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Facture de Rémi Maingaud.

Fourrages et pailles: Jean Canal.

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facture de Jean Canal

 

Laines: A Bergé.

Maçons: Pierre Molas, François Ausset, Célestin Petit.

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Facture de Pierre Molas.

Maréchal-ferrant: Delonca.

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Facture d’Adrien Delonca.

Menuisier: Louis Olive.

Négoce en laines: J.B Alexandre.

Tailleurs: Pujol et Boudette à Sigean.

Tartres, lies: Canavy.

Volailles: Augustin Blancard.

Vins en gros: A Alexandre.

Autobus: Bedos, Saingenis (tous les jours de Roquefort à Narbonne)

Principaux propriétaires: A Bergé, B Alexandre, J Ferran, I Ferran, A Fabre, D Castan, L Castan, E Mas, T Marty, A Alexandre, Pujol, J.H Fresquet, Joseph Conte.

 

1949

669 habitants 

Maire: Louis Ferrier.

Adjoints: Martin Gouzy, Auguste Castan.

Instituteur: M Petit.

Institutrices: Mmes Ferrier, Olive.

Curé: M Mavit.

Receveur buraliste: Molières.

Receveur des postes: Monnot.

Commissaire de police: Raymond Bedos.

Receveuse des postes: Mme Bataillé.

Bois de chauffage: Pujolas.

Bouchers: Louis Castan, Fresquet.

Boulangers: Bartre, Marcelin Castéra, Galy.

Bourreliers: Auguste Marty, François Théron.

Charron: B Gélis.

Coiffeurs: Gilles Fillion, Reine Cambou, A Coste, H Gouzy, Reine Texido.

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Gilles Fillion, coiffeur

Cordonniers: Olive, Pagès.

Courtier en vin: Eugène Combal.

Couturières: M L Suzanne, G Taillade.

Cycles: H Saury.

Distillateur: Coopérative.

Épiciers: Paycha, Etoile du Midi, Rivière, Castan Suzanne, Francès.

Fourrages et pailles: Jean Canal, Maurice Castan.

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Facture de Maurice Castan

Ferblantier: Rémi Mingaud.

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Facture de R Mingaud.

Laboratoire œnologique: Louis Canavy.

Laines: Bergé.

Limonadiers: Georges Grimaud, Ludovic Azeau.

Maçons: Jean Molas, Célestin Petit, Léon P.

Maréchal-ferrant: Delonca.

Menuisiers: Louis Olive, M Sanchez.

Primeurs et volailles: Fernand Suzanne.

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Maryse Suzanne, née Castan.

Repasseuse: M Alexandre.

Tartres et lies: Canavy.

Tailleurs: Pujol et Boudette à Sigean.

Autobus: M Bedos.

1976

657 habitants.

Maire: Albert Brothier.

Adjoints: Emile Salamo, Victor Blazy.

Conseillers: Marcel Bey, Louis Botella, André Canal, Georges Castany, Jean Conquet, Aimé Miquel, Noël Pujol, Christian Théron, Pierre Tichadou, Lucien Ferrand.

Curé: Abbé Signolles.

Instituteurs: M et Mme Jurado.

Secrétaire de mairie: Auguste Combres.

Personnel communal: Guy Alexandre, Georges Birba, Joseph Gimenez.

Receveur des PTT: M Barthes.

Préposée des PTT: Simone Gimenez.

Receveuse buraliste: Veuve Vezon.

Boucher-charcutier: Henri Daudé.

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Magasin d’Henri Daudé

Boulanger: René François.

Cafés: au village: Guy Grimaud

à la Murelle: Louis Mingaud.

Restaurants: Relais del Roc à Desferro-Cabals.

La broche au bois à la Murelle.

Épiciers: Jean Clastes, Veuve René Francès, Mme jean-Pierre Gouzy.

Droguerie mercerie: Mme Georges Combres.

Journaux: Mmes Daudé et Vezon.

Mécanique : Antoine Copovi père.

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Antoine Copovi à gauche 

Vente de carburants: Charles Bouttes.

Apiculteurs: Jean Malet, Pierre Rivière.

Cave coopérative Saint-Martin:

président: Antoine Copovi fils.

directeur: Louis Roujou.

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Devant la cave coopérative.

Union Sportive Roquefortoise (rugby):

Président: Marcel Noè.

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L’équipe de l’USR avec Marcel Noé, debout à gauche avec un béret.

 

OUVRAGES A LIRE ET A FAIRE LIRE

En plus des brochures que l’association publie, voici quelques livres dont nous vous conseillons la lecture.

Bien sur, ces ouvrages parlent de notre région et de ceux qui y vivent. Vous pouvez vous procurer certains d’entre eux auprès de Robert Masquet,au siège de l’association, mais d’autres sont épuisés et vous devrez vous rendre à la médiathèque du Grand Narbonne pour pouvoir les lire.

Si vous aussi,vous désirez faire connaitre des livres régionaux qui vous tiennent à cœur, envoyez nous vos suggestions de lecture.

Le carnet n° 18 du Parc Régional de la Narbonnaise qui vient de  paraitre,  a pour sujet la réserve naturelle de Sainte-Lucie. Il raconte l’histoire et la vie quotidienne des hommes et des femmes qui ont vécu ou travaillé sur cette île et évoque la richesse du patrimoine naturel de ce lieu enchanteur.

Vous pouvez vous procurer cet ouvrage au siège de l’association, le prix est de 8 euros.

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Savoir-faire des Anciens.

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Ce livre, fruit de la rencontre entre un vieux berger de Feuilla et une ethnologue irlandaise, vient de sortir aux cahiers de la Salce. Prix 12 euros.

L’Hortoux. La tour contre la forêt.

Par Marc Pala.Editions du PNR. Prix 3 euros.

L’ancienne frontière. Entre mythe et histoire, un espace de l’entre-deux.

Par Marc Pala.Les Carnets du parc. Editions du PNR. Prix 6 euros.

La Clotte. Aux bornes d’une mémoire.

Par Yves Solier et Marc Pala.Les Carnets du Parc. Editions du PNR. Prix 3 euros.

Le panorama des sites patrimoniaux.

Par Marc Pala. Editions du PNR. Prix 9 euros.

Vents de nulle part et d’ailleurs.

Par Marc Pala. Editions de Babio. Prix 12 euros.Essai sur la mytho-poétique des vents.

Mémoires du vent d’est.

Par Marc Pala. Cahiers de la Salce. Prix 15 euros.

Journal, carnet de voyage,aphorismes,récits.De l’Inde aux Corbières.

Sigean: Guerre 1939/1945.Occupation, évacuation,libération.

Par Jean et Yves Solier. Edition hors série de l’ARHP.

L’Homme et la Garrigue. Images et mystères.

Par Marc Pala. Les amis du patrimoine culturel de Sigean et des Corbières. A se procurer à la médiathèque.Un livre qui retrace l’histoire, les techniques et les croyances de tous les habitants de la garrigue.

Dans le jeu de la terre et de la mer.

Par Robert Pirault. Une présentation des communes du canton par un habitant de Roquefort récemment disparu. On peut trouver cet ouvrage à la médiathèque.

Termenès Fleur d’épine.

Par Claude Pla. Toponymie et micro toponymie d’un ancien pays de l’Aude.A la médiathèque ou bien à la librairie Libellis à Narbonne.

Dictionnaire des Institutions, des Coutumes et de la Langue en usage dans quelques pays de Languedoc.

Par Paul Cayla.

 

 

 

LES TROIS MOULINS

Les 3 moulins

LES TROIS MOULINS

Pour accéder aux trois moulins dont on aperçoit les silhouettes imposantes depuis le village, il vous faut remonter la rue des Trois moulins, arrivé à son extrémité, tourner à droite, prendre la rue du Camin Del Bosc sur 200 mètres, tourner à droite suivre le chemin de la Serre et au premier chemin sur votre gauche remonter vers le Pla de Roque (col de Naut). Vous apercevrez sur votre gauche un premier moulin probablement construit au 18e siècle propriété de la famille Alexandre jusqu’en 1863 date de sa démolition. Dans la seconde moitié du XXe siècle, ce qui reste du moulin devient la propriété de la commune qui le vendra dans les années 70. Le moulin est devenu depuis une résidence secondaire.

L’histoire du second moulin est un peu différente, celui-ci fut construit en 1821 en indivision. Vendu en 1859 l’acte de vente décrivait ainsi le moulin:«un moulin à vent allant et moulant, faisant de blé farine, situé sur le pla de Roque» le nouveau propriétaire, boulanger et meunier de son état avait pour épouse une Alexandre. En 1880 les anciens propriétaires le laisseront à leur neveu lui aussi meunier. Abandonné dans la deuxième moitié du 19e siècle, vendu en 1968, il fut lui aussi transformé en résidence secondaire.

Le troisième moulin situé plus à l’est sur le plateau appartenait lui aussi à la famille Alexandre, construit vraisemblablement au 18e siècle il est mentionné en 1829 comme «une vieille tour de moulin à vent construite en maçonnerie qui a été abandonnée» Devenu propriété de la commune, aujourd’hui résidence secondaire. (Le plan cadastral de 1817 dit plan napoléonien il est indiqué «Vieux moulin abandonné»)

Les vieux moulins à vent de nos villages des Corbières ont cessé toute activité depuis plus d’un siècle. Aujourd’hui le cers fait tourner de nouveaux moulins éoliens sur nos collines, ils attendent le nouveau Don Quichotte.

Les compoix de 1583 et 1604 font état d’un moulin à la rivière.

En 1663 il est conclu un bail pour un moulin à eau à moudre le blé à la Murelle en bordure du Rieu.

Sources :

© Une Famille Roquefortoise: Les Alexandre par Bernard Péricon et Robert Masquet. Édition de l’Association Roquefort Histoire et Patrimoine.

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Les 3 moulins

ROQUEFORT EN 1817

LE VILLAGE DE ROQUEFORT EN 1817

 

Sur cette reproduction du village dans le cadastre dit napoléonien  en 1817, on peut remarquer le rectangle bleu à gauche qui correspond à l’ancien    cimetière,    aujourd’hui transformé en parking, ainsi que l’ancienne église Saint Antoine (bâtiment n°30 coloré en bleu).

L’église nouvelle n’a pas encore été construite et la rue de l’église n’existe pas.

En revanche, la rue de la placette, la rue du porche ainsi que la grand’ rue sont déjà là.

Le chemin de Villesèque correspond à l’actuelle rue de St Martin, la rue du puits s’appelle désormais la rue des Trois moulins et la rue de la croix est devenue la rue du soleil.

On note la présence d’un puits à l’intersection des rues de la croix et des moulins.

 

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