PETIT PATRIMOINE LOCAL

 ALLÉE COUVERTE DU PLA DES COURBINES

Sépulture mégalithique du type couverte située sur le pla des Courbines. Ce dolmen sans équivalent dans les basses-Corbières, se trouve être le mégalithe le plus proche du littoral parmi tous ceux qui ont été inventoriés dans l’Aude

On se reportera pour le situer à la Carte d’Etat-major Lambert Coordonnées 76-646.70. Elle s’élève à 300 mètres environ d’une petite bergerie, en bordure du ravin dit de « l’Aigue Migal ».

Ce monument se compose de cinq dalles en calcaire local provenant des flancs même du mamelon. Leur épaisseur moyenne est de 0,15 m. Elles délimitent une chambre rectangulaire mesurant un peu moins de deux mètres sur 1 m 10 de large à la base, et orientée NE.SO.

Aujourd’hui.

aïgue Migeal + tombe 004

Dans les années 50.

  année 50 2

Source : Mégalithe et tumulus à Roquefort des Corbières par Yves Solier. Edition de l’A.R.H.P.

La CLOTTE

Vers 1869, Théodore Marty, un érudit Roquefortois découvrait dans le vallon de la Clotte (à 3 km au sud-ouest du village) 2 milliaires de l’époque augustéenne. Ces bornes que les romains plaçaient au bord des routes, de mille en mille, soit tous les 1481,50 m. L’un deux, encore debout indiquait la distance XVIème mille à partir de Narbonne, portait une inscription intacte, aujourd’hui en grande partie effacée «IMP.CAESAR/ DIVI F (ilius) AUGUSTUS/P (ater) P (atriae) PONTIFEX MAX(Umus)/ (COS) XII TRIBUNIC (ia) POTEST XXII. IMP. XIIII. (L’Empereur César Auguste/Fils de Dieu/Père de la Patrie/Pontife Suprême/ Honoré 12 fois de la Dignité Consulaire/21 fois du Pouvoir des Tribuns/14 fois de la Couronne de Général Vainqueur)

Théodore Marty en conclut que les milliaires étaient en place. Il considéra l’ensemble du site comme une mutatio, un relais routier établi en bordure de la voie Domitienne, la plus ancienne voie romaine de Gaule. Ce n’est qu’à partir de 1949 (découverte dans le Rieu de Treille du XXème mille au nom du fondateur de la voie Cneus Domitius Ahenobarbus) et des fouilles effectuées à la Clotte dans les années 1970 par l’archéologue Yves Solier que la vérité fut rétablie.

La voie Domitienne ne passait pas par les garrigues de la Clotte mais bien sur le littoral à proximité de l’autoroute. Néanmoins le site de la Clotte avec ses 4 milliaires, dont deux entiers en réutilisation dans l’architecture d’une construction médiévale d’époque indéterminée (vestige d’un dispositif oléicole, fragments de maies et de contrepoids de pressoir à huile) représente un important pôle d’habitation et d’exploitation qui témoigne de la présence de communautés agro-pastorales vivant là, des ressources de la nature.

© Marc PALA pour L’Association Roquefort Histoire et Patrimoine. Mai 2014.

Avant travaux

La Clotte1

   LaClotte2

       Après travaux

LA CHAPELLE SAINT-MARTIN

Elle est située à l’ouest du village, sur une colline boisée offrant un remarquable panorama sur le village et ses environs ainsi que sur le littoral. «Ici le paysage vaut cependant autant que la chapelle. Tout est beau et il fait bon se rendre à pied en ce lieu et voir ici ou là changer le paysage, au long des échappées de la montée». Quelques croix datées du XIXe siècle ou parfois plus récentes accompagnent les visiteurs tout au long du chemin d’accès.

Au XIIIe siècle ce lieu cultuel est mentionné. En 1320 elle fut unie à l’archiprêtré de la Basse-Corbières. Le procès verbal de la visite de l’année 1404 par l’évêque de Narbonne nous apprend que Roquefort avait pour annexe l’église de Montpezat.

Au 17e siècle, plus précisément le 25 mai 1624 une requête auprès de Robert Fabre consul du lieu est faite par l’archiprêtre Barthélémy Hugonenc qui dit vouloir faire réparer l’église paroissiale Saint-Martin suite aux démolitions intervenues au 16e siècle (guerre franco-espagnole) pour pouvoir y faire le service divin. Les registres paroissiaux mentionnent que de 1608 à fin 1709 les alentours de la chapelle ainsi que son chœur servirent de cimetière aux habitants les plus en vue de la communauté. Un deuxième cimetière dit de l’Hospital situé hors du site recevant les autres.

Au 18e siècle la carte du diocèse établie en 1763 signale à son emplacement un édifice ruiné.

L’édifice actuel fut probablement élevé au 19e siècle, aucune archive à ce jour ne nous indique les conditions de sa reconstruction.« Il s’agit d’un vaste bâtiment charpenté, épaulé par de massifs contreforts. Couronné d’une tour clocher carrée particulièrement trapue, percée de baies en plein cintre, (La tour et son environnement peuvent nous rappeler la Toscane).

Dès l’entrée sud vous êtes reçus par deux chapiteaux sculptés au pied-droit, assez haut en corbeille. Par leur feuillage aux angles vifs ils semblent du XIII e siècle finissant», il s’agit peut être d’un réemploi de l’ancien édifice? On peut regretter l’obturation de la porte dite porte des morts située aussi sur la façade sud face au chœur. Il subsiste à proximité immédiate de la chapelle un pan de mur que la tradition orale considère comme un vestige de la chapelle primitive.

Colline et chapelle bénéficient d’un classement au titre de  Site inscrit.

Sources:

  • A.D.113 E 16194
  • Les anciens pays de l’Aude par Elie Griffe, doyen honoraire de la faculté de théologie de Toulouse. Pages 101/102. Imprimerie Gabelle Carcassonne 1974.
  • « Dans le jeu de la terre et de la mer » par Robert Pirault .Pages 145/148. Serge Candéla éditeur Narbonne.
 Saint Martin             
                              St Martin

LE CALVAIRE1

A la fin du 19e siècle (1864) sur le lieu dit : L’Olivette, mi vigne mi jardin, furent édifiés : une Chapelle funéraire, un Calvaire et 14 Oratoires. La construction de l’ensemble fut ordonnée par des parents inconsolables après le décès de leur fils unique Justin Marty mort courageusement lors d’un incendie qui menaçait le village.

Depuis 2002 le Calvaire est propriété de la commune. L’association  » LES AMIS DU CALVAIRE » a entrepris sa restauration en 2007 consciente de l’importance qu’il avait dans la mémoire collective du village.

Après avoir franchi l’imposante grille d’accès au jardin, le visiteur accède à la petite chapelle aux murs intérieurs lambrissés ; son autel en marbre clair est dominé par 3 statues de style Saint Sulpicien en terre cuite provenant probablement des anciens ateliers Virebent de Toulouse.

Derrière la Chapelle, sur un promontoire, se dressent 3 statues en majesté : le CHRIST en croix, MARIE et St JEAN L’ÉVANGÉLISTE œuvre du Maître de Forges Jean Jacques DUCELL. Dans le jardin verdoyant sont adossés aux murs d’enceinte 14 oratoires. Ils se présentent sous forme de « niche » à fronton triangulaire surmontant une ouverture en arc en plein cintre en pierre de taille ocre. A l’intérieur de chaque oratoire, une plaque de fonte représente de façon très réaliste les 14 stations du Chemin de Croix.

Après 5 années de travaux effectués par des bénévoles et grâce à la générosité de donateurs attachés au Patrimoine bâti du village, la restauration du site est terminée depuis fin 2012. Toutefois, ce lieu si particulier qui invite à la réflexion, nécessite régulièrement des travaux d’entretien. Il est visité et apprécié lors d’évènements officiels à thème tels que la journée « Patrimoine Portes Ouvertes » en Juin et les journées Européennes du Patrimoine en Septembre.

Par ailleurs, 2 célébrations religieuses s’y déroulent chaque année, l’une pour la Procession du Chemin de Croix du Vendredi Saint, l’autre en Aout pour la Fête du Calvaire.

1) Texte reproduit avec l’aimable autorisation de l’association les Amis du Calvaire

Le Calvaire

 

L’EGLISE SAINT-ANTOINE L’ERMITE

L’ancienne église de Roquefort des Corbières s’érigeait au sud du château immédiatement en contrebas (au bout de la rue du soleil faisant angle avec la rue Jean Cathala située dans le haut du vieux village).Cette église ne fut paroissiale que vers 1607, elle remplace alors celle de Saint Martin.

Le procès verbal de la visite de la paroisse par Mgr Henri de Bonnechose, évêque de Carcassonne en l’année 1851 constate qu’elle est trop petite pour une population en constante augmentation, et mal située. Elle fut abandonnée entre 1853 et 1857, année de réception définitive de la nouvelle église. En 1869 la commune décide de la vente de celle-ci et de l’ancien presbytère, les fonds ainsi récupérés devant être affectés à la construction d’un nouveau cimetière.

Sources:

Archives municipales de la commune de Roquefort des Corbières: comptes rendus des délibérations du conseil municipal.

Journal rétro Roquefort des Corbières par Roger Combres.

 

L’EGLISE SAINT-MARTIN

Il s’agit de l’église actuelle située au centre du village ancien, dont les travaux de construction commencés en 1853 furent achevés définitivement en 1857.

Elle présente une vaste nef précédée d’une tribune, une abside polygonale et un transept peu débordant. L’ensemble est couronné par une tour-clocher massive.

Les tableaux propriété de la commune (classés aux Monuments Historiques respectivement en 1975-1964-1964) qui ornaient l’intérieur de l’église se trouvent actuellement au musée de Narbonne où ils sont entreposés.

1 La multiplication des pains œuvre du 17e siècle.

2 L’Enfant Jésus, 17e siècle, œuvre de l’école Flamande attribué à Van Thulden (1606-1676)

3 Religieuse en prière (panneau peint) 16e siècle.

 

Eglise

 

Sources:

Archives municipales de la commune de Roquefort des Corbières: Comptes rendu des délibérations du Conseil municipal.

Ministère de la culture: http://www.culture.gouv.f.r

 

LES CAPITELLES

La capitelle est rarement un habitat permanent, c’est plutôt un abri destiné à accueillir temporairement outils, matériaux, ou personnes.

Construite sur un terrain souvent ingrat aux époques de grands défrichements, elle emploie comme matériau de construction ce que livrent le défonçage et l’épierrement du lieu. Il s’agit très souvent de calcaire mais on trouve aussi, selon la géologie locale, du schiste, du grès, du granit, ou même du basalte.

Les pierres extraites et ramassées pour rendre le lieu propre à la culture (vigne, oliviers, etc.) ou à l’élevage, sont entassées aux abords du terrain en monticules parfois encore visibles aujourd’hui, que l’occitan désigne sous le terme de «clapas». Certaines pierres sont sélectionnées et mises à part en vue de l’édification de murets de clôture, de terrasses, ou d’abris.

Toutes les pierres destinées à la construction de la cabane ne sont pas laissées à l’état brut: elles peuvent être dégrossies dans un but fonctionnel ou esthétique, mais il ne s’agit pas d’une véritable maçonnerie de pierres taillées.

Sur un sol éventuellement aménagé pour bloquer l’édifice, les murs sont montés en assemblant les pierres sans aucun mortier, puis une voûte (qui peut parfois commencer dès le sol) est montée pour couvrir le tout.

 

  

Les cabanes de pierre sèche actuellement debout ne sont pas d’époque préhistorique, ni attribuables aux Gaulois, aux Romains ou aux hommes du Moyen Age. Elles datent d’une période qui s’étend à peu près du XVIIsiècle au début du XXe siècle.

Elles sont l’œuvre de paysans, vignerons, cultivateurs, charbonniers, voire simples ouvriers accédant à la propriété de quelques arpents d’une pauvre terre à défricher. Certains sont devenus des spécialistes connus et sollicités, des sortes de maçons à pierre sèche, et ont pu user de ce savoir-faire comme activité secondaire.

Cette architecture populaire, œuvre de bâtisseurs sans diplôme, n’est pas une architecture improvisée ni approximative. Elle est le témoin d’une maîtrise technique très précise.

Actuellement, en France comme dans d’autres pays d’Europe, s’affirme de plus en plus la volonté de conserver, restaurer, en un mot sauvegarder ce patrimoine fragile.

estagnol 027 Capitelle

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LE FOUR A CHAUX

Les fours à chaux du XIXe siècle,construits en maçonnerie,convertissaient le calcaire en chaux par l’action du feu sur les lieux où se trouvaient la pierre calcaire et le bois nécessaire à la combustion.Cette première étape du cycle de la chaux, nommée calcination, dépendait du savoir-faire du chaufournier et de son équipe,qui assuraient l’alimentation du four et veillaient à son bon fonctionnement.

Matériau très ancien, la chaux fut utilisée dès l’époque romaine pour fabriquer les mortiers des constructions des plus simples aux plus colossales…Depuis des siècles et encore aujourd’hui, la chaux donne lieu à de multiples usages, associés aux différentes étapes de son cycle de fabrication.

La chaux éteinte est aussi utilisée par les agriculteurs pour neutraliser l’acidité des sols, lors de l’opération appelée le chaulage.

 

Four à chaux 006 Four à chaux de Courrejou.

Ouvreau

 

Extraction de la chaux vive:
On défournait la chaux par l’ouvreau situé en bas du four.

BORNES DE LIEUES

Borne de lieu N°9

Borne de lieu9

Borne 7  Borne de lieu N°7

* 1 lieue gauloise = 2.222 km

*1 lieue de Paris (jusqu’en 1674) = 1666 toises.

* La même de 1674 à 1731 = 2000 toises soit 3.898 km

*A partir de 1737, elle valait pour: le transport des grains 2400 toises.

* les ponts et chaussées 2000 toises.

*Les postes 2200 toises.

BORNES DE DÉLIMITATION DE PROPRIÉTÉ OU DE TERRITOIRE

Borne1Borne2